Voici Xavier.
Il a été notre première recrue, le jour ou nous avons officiellement ouvert les portes de Ship’it.
Il est maintenant, en plus d’être joueur Ship’it, responsable de la gestion et du support au quotidien d’une bonne douzaine de nos joueurs.Aujourd’hui, Xavier se confie à nous sur “l’acceptation de la variance en tournoi”. Ce thème lui tient à coeur autant en tant que joueur, qu’en tant que gestionnaire, dans la mesure ou c’est un sujet qu’il retrouve dans chacun de ses joueurs!

Bonne lecture à tous!

Je vais essayer de vous parler d’une facette du poker souvent sous-estimée mais cruciale pour obtenir des résultats sur le long terme : l’acceptation de la variance.

En effet, une “carrière” de grind est faite de hauts et de bas, comme la majorité des choses que l’on peut faire dans notre vie. Il en va de même avec le football, le tennis, le travail, la vie de couple….. Une situation linéaire sans aucun pépin n’existe pas.
Et quelque part, c’est ce qui crée de l’intérêt de faire ces choses; Ce serait tellement monotone autrement.
Nous parlons donc de phases, parfois hautes que l’on nommera les “good runs”. Dans ces moments, on se sent pousser des ailes, tout nous réussit, on run “like Jesus”.
C’est évidemment super électrisant, galvanisant, ça procure une tonne de sensations positives. Et Dieu que ça fait du bien!
Mais il faut en profiter; Car comme le veut une situation qui se déroule en phases, ça ne dure pas. Et c’est logique.
Le maximum de value possible doit être tirée de ces good runs.
Car le revers de la médaille survient toujours à un moment donné, on l’appelle dans le jargon le “retour de variance”.
Et là, on part dans l’excès inverse. On peut partir à tapis en 50/50, 60/40, 70/30 ou 80/20, le résultat sera toujours contre nous. Enfin, c’est l’impression que ça nous laisse. Et sur un petit panel de mains, c’est tout à fait possible.
Mais ces résultats doivent être considérés sur un ensemble, sur le long terme.

La complexité de l’esprit humain

L’esprit humain est ainsi fait que quand les choses vont moins bien, on a un champ de vision amoindri, qui ne va bien souvent plus aussi loin que le bout de son nez. Cela a comme conséquence d’altérer fortement notre mental.
Tout à l’inverse du good run évoqué plus haut, le bad run est ennuyant, démoralisant. Il nous attire irrémédiablement dans une spirale d’ondes négatives, vers le fond du trou. Le jeu de chacun de nous s’en retrouve alors altéré, à différents niveaux. C’est la conséquence à éviter comme la peste. Car les phases évoluent, constamment.

Aussi vrai qu1’après un moment fort, tout peut partir en vrille, les beaux jours reviendront toujours à un moment donné.
Le plus important étant de continuer à prendre les bonnes décisions, celles qui nous permettront d’être gagnant sur la durée. Il faut réussir à se détacher du résultat d’une main que l’on joue. Qu’on la gagne ou qu’on la perde, là n’est pas le plus important. Seule la ligne utilisée pour arriver à ce résultat compte.
On peut avoir mal joué et gagner la main, comme la jouer de la façon la plus optimale possible et la perdre. Quand les cartes parlent, nous perdons notre emprise.
Et c’est justement cet aspect là qu’on occulte le plus lors de ces mauvaises phases où plus rien ne passe. On a l’impression, nombrilistes que nous sommes, que toute la malchance du monde s’abat sur nous. Les dieux du poker nous en font voir de toutes les couleurs. Nous sommes en mode “caliméro”.

Et je parle par expérience, j’ai vécu ces phases, comme un enfer. Plus d’une fois j’ai eu envie d’arrêter à cause de cela.
Plusieurs fois on a essayé de m’ouvrir les yeux, avec des paroles encourageantes, mais rien à faire, j’étais le plus malchanceux. Personne ne pouvait comprendre ce que je vivais, c’était insensé.
Et un jour (béni), j’ai eu cette discussion salvatrice avec Joffrey, responsable de la gestion de mon deal. Les bons mots ont été utilisés. Pas forcément différents d’avant, mais ils ont fonctionné. J’ai eu le déclic.
Je suis capable de faire une session complète, du mauvais côté de la variance, sans m’énerver, me lamenter ou quoique ce soit qui survient en général lors de ces sessions.
Tout bénef pour mon épouse et mon matériel de grind. 🙂

Quelques conseils pratiques

  • On porte une tellement grande importance à ce jeu qu’on peut se sentir à la limite de la vie ou de la mort mais non, on ne joue pas sa vie. Ce n’est qu’un jeu. D’autres personnes bien moins nanties que nous risquent réellement leur vie tous les jours qui passent. Et pas en “jouant” au poker.
  • La propension qu’a un joueur au fond du trou à directement poster ou raconter son badbeat est assassine. Car le joueur entretient de lui même le mauvais état d’esprit dans lequel il se trouve. Avouez que ça vous arrive souvent!
  • Vouloir ouvrir plus de table pour battre la variance. Dans l’absolu, c’est vrai, mais quand on joue dans le bon état d’esprit. Tant qu’on n’est pas capable de jouer en ne pensant qu’à la qualité de son jeu plutôt qu’au résultat final, cela ne sert à rien. Il vaut même mieux jouer moins de tables pour se concentrer sur celles déjà lancées.
  • Jouer, jouer, jouer, jouer. Quand ça ne va pas, prendre une pause est ce qu’il y a de mieux à faire. Le poker sera encore là demain, après-demain ou même dans 1 mois. S’aérer le corps et l’esprit en faisant tout autre chose est nécessaire. Tout ne tourne pas autour du poker. L’équilibre est essentiel pour avoir des résultats.

Il y a encore autant de conseils qu’il y a de personnes qui jouent au poker.
Ces conseils correspondent à ce que j’ai vécu et ce que je continue de voir en tant que joueur et gestionnaire de joueurs. C’est un cycle qui se répète sans cesse.

J’espère que cet article aura pu vous aider dans la quête du bon état d’esprit à avoir.
N’hésitez pas à vous l’imprimer et le relire dès que ça va moins bien car comme pour toute chose, il faut pratiquer une tonne pour que ça devienne naturel.

GL aux tables et Ship’ittt

12 Comments

  • GAILLARD says:

    Merci pour cet article que chacun d’entre nous devrait lire et relire.

  • stuisback says:

    Je pense en effet que cela devrait me servir, et ce, dès aujourd’hui…:-) alors merci et GL à toi aussi du coup….

  • tof says:

    merci je suis en plein dedans ^^

  • Bonjour ; merci toujours un plaisir a lire du bon sens 😉

  • Guillomin says:

    Avez vous aussi pu repérer ces cycles en fonction des saisons? Avez vous des statistiques, des expériences car je suis amateur mais j’ai pu repérer chez moi des mois d hiver où les bas runs sont beaucoup beaucoup plus importants.
    Merci par avance

    • xavier says:

      Salut Guillomin merci de votre retour.
      Je n’ai pas fait spécialement d’expérience mais dans l’absolu, la période hivernale est la plus sombre de l’année et celle engendrant le plus de dépressions.
      Si cette période impacte votre mental, elle impactera votre jeu.
      Cela est propre à chacun, d’autres auront l’effet inverse car cette période force un peu à rester à la maison et du coup, certains en profitent et se sentent bien dans leur cocon pour grind sans avoir l’esprit ailleurs.
      Il n’y a pas de règle absolue, c’est au cas par cas. Il y a évidemment le créneau de base que j’ai fourni dans l’article mais après à chacun de trouver sa voie, et ce qui impacte son jeu. 😉
      GL aux tables

  • Axel says:

    Je me sens totalement concerné merci pour cet article

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